• L’étudiant assis à la table


    Rembrandt Harmenszoon van Rijn
    (15 juillet 1602- 4 octobre 1669)

    À la blême lueur d'une maigre bougie
    Contre la nuit luttant, l'étudiant pensif,
    Laisse errer dans le noir son regard évasif
    Oubliant et les mots et leur blanche magie

    Une main à la tempe et l'autre à l'accotoir
    Agrippée, il a l'air, tels ses recueils fossiles,
    De vouloir subjuguer les lettres indociles
    D'un art dont le chemin finit sur un butoir.

    Sieur van Rijn, avait-il vécu cette posture
    Qu'il fit consciemment rejaillir d'un passé
    Ténébreux où le livre était cadenassé
    Sauf au disciple élu, révérant la culture ?

    Le clair trop amoindri, le sombre amplifié
    Captivent mon regard. Cette toile à l'eau forte,
    Dont j'admire les traits, fait poindre une cohorte
    De mots en mon esprit, et c'est justifié !

    Regardez, dans les yeux, cet être qui médite
    Vous saurez  sûrement qu'il est tout absorbé
    Par son cours doctrinal  qui n'est point perturbé.
    Hommage t'est rendu, peintre de grand mérite !




    Mohammed Zeïd


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  • L'Indienne au regard mystérieux

     

     peinture/Claudie 

    Peinture de Claudie , publiée sur Poésis

    Quel attrait peut avoir le royal diadème
    Étalant sa splendeur sur le timide front
    Si n'était ce regard ? Ce serait un affront
    À l'art si l'on ne voit la lumière suprême
    De ces iris dont la magie aurait un front
    De bataille sorti de la mortelle flemme.

    Ô mystère celé derrière ces cils noirs,
    Abyssal, absolu, t'éclaircir par des rimes
    C'est fureter, en vain, à travers les sublimes
    Faites d'une montagne infinie où, les soirs,
    Rejaillissent les voix des plus profonds abîmes
    Pour conter la beauté des filles des manoirs.

    Mais quelle vénusté, si pimpante soit-elle,
    Eut ce miel de tes yeux dont la pure clarté
    Ferait blêmir de honte un vif soleil d'été ?
    Révérence à Claudie ayant peint une telle
    Grâce où sont mariés pudeur et piété
    Que dissimule peu le foulard sans dentelle.




    Mohammed Zeïd


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  • Peinture (huile sur toile) réalisée  à partir d'une photo par Claudie que je remercie

    de m'avoir permis de publier sa création ici



    La danseuse indienne

    Foulant le sable fin, la danseuse indienne
    Exhibe la beauté de son corps gracieux
    Qu'enrobe son sari. Dominant mers et cieux,
    Elle se veut, de leurs trésors, bonne gardienne.

    L'écume de la vague effleure les anneaux
    À ses pieds nus et l'air marin s'aromatise
    À l'ambre de sa tresse et la fleur de cytise
    L'ornant en nœud ferait plier cent tyranneaux.

    La ceinture à sequins, le foulard en écharpe,
    Le serre-tête noir tout de bijoux perlé,
    Vous diront:« Pour son art, les flots ont déferlé.»
    Son sein ferait un saint bailler telle une carpe.

    Honneur à cette dame ayant peint ce tableau
    Pour l'offrir à nos yeux raffolant d'élégance
    Que doit émerveiller la si noble prestance
    De cette néréide ondoyant hors de l'eau.




    Mohammed Zeïd
    Flormed


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  • Tristan Corbière

    Morlaix, jadis Ploujean, le vit naître et mourir
    Confiant au caveau ses maigres trente années,
    Ne laissant aux lecteurs que les pages fanées
    Des "Amours", seul recueil menacé de périr.

    Pour le bonheur des adorants des vers à rimes,
    Verlaine eut le bon sens de fort bien brillanter
    Le livret du breton puis sa valeur vanter.
    Tu nous parles,Tristan, du fond de tes abîmes.

    Tu n'es pas mort. Ta voix résonnera toujours
    Sous le ciel. Si court fut ton malingre parcours
    Mais combien avenant fut le flux de ta muse !

    Dors en paix ! Si la vie avait brusquement fui
    Tes côtes, ton âme a, près des inspirés, lui.
    Si tu trouves chétifs ces mots, je m'en excuse !




    Mohammed Zeïd
    Flormed
    "Les Amours jaunes" est l'unique recueil de poésie du « poète maudit » Tristan Corbière, publié en 1873 chez Glady frères éditeurs à Paris Wikipédia

    Pour lire ce recueil → Wikisource

     


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  • «La liberté guidant le peuple»
    Eugène Delacroix (1798-1863 )



    La grâce de la main brandissant la bannière,
    La robe laissant voir des tétons chaleureux,
    Le chignon et les yeux défiant la poussière
    Et la fumée ont fait d' Eugène un homme preux.

    Que serait notre vie alors que les mains sales
    L'étouffent dans la nue infecte que nourrit
    De gaz asphyxiants le répandeur de balles
    Qui s'extasie à voir que le trépas fleurit.

    Bouts de haillons roussis, fragments de chair qui crame..
    Ô liberté, guère tu n'es grain de sésame !
    On veut te dépouiller de ton pouvoir sacré.

    Mais, non, rassure-toi, les amoureux des roses,
    Auront toujours ton nom, au fond du cœur, ancré.
    C'est toi qui, de ton sang, leur vaillante âme arroses.




    Mohammed Zeïd
    Flormed


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