• L'ardent soleil de thermidor


    L'ardent soleil de thermidor


    L'ardent soleil de thermidor prématuré
    Répand sur le village une trombe de flammes.
    On entend grésiller le chemin torturé
    Par les reflets du ciel ankylosant les âmes.

    Pas un oiseau n'ose voler. Du bois muet
    S'exhale en tourbillons un relent de fournaise.
    La rivière se tait .On voit son cours fluet
    Serpenter, mort de soif, sur un tapis de glaise.

    Faute de monnaie, on est sourd à l'appel
    De la mer. Pour un gueux, avaler du napel
    Serait moins douloureux que s'enfuir dans la plage.

    On subit la chaleur et ses calamités.
    En espérant l'hiver aux sombres nudités
    Qui viendra démonter ces gens de tout pelage.




    Mohammed ZEÏD

    « Il portait les armes.Orphée »