• Pitié, je crève !

    Pitié, je crève !

    Les larmes sur ta joue ont l'air d'une rosée
    Que le matin fait luire et rouler sur les blancs
    Pétales d'une fleur que la brise a baisée
    En parcourant, du mont, les majestueux flancs.
    Te voir pleurer me fait souffir. Mon cœur qui rêve
    De t'enrober de joie, endurerait d'un glaive
    Mille coups mais ne peut supporter que soulève
    Ton sein quelque soupir par un chagrin jeté
    Sur ta vie à son aube. Ô ma douce sylphide,
    N'abîme pas tes yeux car ton regard splendide
    Éclaire mon chemin qui deviendrait aride
    Et  ma lyre mourrait pour fuir sa pauvreté.

    N'avions-nous pas juré de vivre la folie
    De l'âge des amours jusqu'au dernier instant
    Ici-bas ? Tu ne peux l'oublier, ma jolie!
    La forêt, la montagne et le vent répétant
    Nos chants ont souvenir de nos belles soirées ;
    La lune caressait tes étoffes moirées
    De ses rayons laiteux ; les étoiles parées
    De brillants se miraient dans tes iris joyeux.
    Revois ce beau passé dans le bois aux délices
    Où nous avions bâti le nid où les caprices
    Que je faisais t'ouvraient le ciel des cantatrices
    Fredonnant gaiement un air mélodieux.

    Ta bajoue, ô Faty, tes pleurs l'ont arrosée
    Beaucoup plus qu'il n'en faut  de leurs filets brûlants
    Je t'en supplie, assez! L'affre que m'a causée
    Ton chagrin est un vent aux souffles désolants
    Qui s'en prend à mon cœur, grille toute sa sève
    Tes sanglots m'ont talé ; pitié, je crève !

    Mohammed ZEÏD

     

     

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    « Femme versant à boire .Monde à deux faces. »

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  • Commentaires

    1
    Mardi 6 Décembre 2016 à 13:03

    Bonjour cher Flormed,

    Décidément Flormed tu me touches au plus haut point avec cette balladette d'une extrême sensibilité et d'une écriture plus que parfaite ....

    Tu es un véritable troubadour, de ceux que l'on ne rencontre plus aujourd'hui.

    Mille bravos et mes tendres amitiés.

    Annie

      • Mercredi 7 Décembre 2016 à 12:33

        Merci Annie !

        Tes mots sont un arôme moral qui m'enivre tout en exigeant

        de l'humble serviteur de Prosodie que je suis

        plus de courage afin de continuer sur les chemins épineux

        de la poésie classique.

         

    2
    Mardi 6 Décembre 2016 à 17:59

    J'aime beaucoup ce poème plein de sensibilité et de tendresse. Voir pleurer sa belle est tout aussi difficile à supporter que voir pleurer son amoureux. Les larmes ne devraient toujours être que de joie.

      • Mercredi 7 Décembre 2016 à 12:44

        Merci Marie !

        «Pleure : les larmes sont les pétales du cœur»  disait  Paul Eluard.

        De chagrin, leur eau est amère ; de joie, elle est douce.

    3
    Vendredi 9 Décembre 2016 à 11:27

    bonjour cher med

    Quel splendide poème que tu nous offres , merci de cette nouvelle forme

    toutes mes amitiés

      • Vendredi 9 Décembre 2016 à 15:51

        Merci véronique.

        Tes mots me touchent.

         

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