• El sueño del caballero



    El sueño del caballero o La vida es sueño,
    "Le rêve du cavalier" ou "La vie est un rêve"
    Antonio de Pereda  (1611 - 1678) peintre espagnol du siècle d'or.

    *****

    Le cavalier vaincu par le sommeil s'endort
    Dans un fauteuil, sa main calant sa lourde tête.
    Un ange aux cheveux blonds d'élégante fillette
    Lui montre un phylactère élucidant la mort.

    La mort qui vient piquer puis prestement s'envole
    Après avoir sorti l'âme de sa prison
    Laissant le corps au trou recouvert de gazon.
    -Mots en latin valant mieux que toute parole.-

    Sur la table, un amas d'objets : argent, bijoux,
    Pistolet, chapetet, livre,bougeoir, horloge...
    Ah! le temps! Ah! Il sait remplir le nécrologe.
    Ô mortel, rien ne sert d'empiler ces joujoux.

    Oui, derrière ton dos, resteront tes richesses
    Tu partiras sans rien car sans rien tu naquis.
    Tes os s'effriteront, sois-tu baron, marquis
    Ou roi..Ni beaux palais, ni banquets, ni maîtresses!

    L'ange s'en va, le chevalier ouvre les yeux.
    Il répète: occidit ! Vie, ô mélancolie !
    Un tas de vanités, de chimères, folie !
    On finit, dépouillé,  dans un caveau crayeux.

    Les insignes d'honneur, titres éminents, gloire,
    Simples décors et mots que s'en vient balayer,
    Un jour, le fossoyeur, lui qui sait déblayer
    La terre où le bien-être est un nom illusoire.

    Sur le phylactère, on peut lire :
    "Aeterne pungit cito volat et occidit"
    il pique éternellement, il s'envole prestement, il tue.


    Mohammed ZEÏD

    « Atala au tombeau Jérôme de Stridon »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 24 Septembre à 20:25

    bonsoir cher med, un magnifique écrit bien sombre 

    excellente fin de soirée 

    je t 'embrasse

    2
    Dimanche 24 Septembre à 20:35

    Bonsoir cher Flormed,

    Oh que c’est bien dit ! Mais ça pousse à réfléchir aux futilités de notre vie auxquelles on tient, pauvres mortels que nous sommes !

    Bonne et douce soirée malgré tout !

    Je t'embrasse.

    Annie

    3
    Lundi 25 Septembre à 18:20
    Marl'Aime

    Une description juste somptueuse

    Où s’enchaînent tes vers tels des coups de pinceau

    Nous dévoilant crûment l'oeuvre de "la Tueuse"

    Tout peintre rêverait d'un si charmant rinceau !

     

    Comme toujours je suis sous le charme de ta plume si savante

    Amitiés

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :