• La fille au chat  



    Tableau d'Auguste Renoir (1841 - 1919 )



    Béni sois-tu, grand Roi ! ton art prodigieux
    Dut soûler de plaisir ce mignon petit fauve
    Au regard fascinant, au ronron spongieux,
    À l'aise dans les bras d'une fille d'alcôve.

    Se griser du parfum d'une nymphe au regard
    Si doux est un soulas pour la bête tigrée
    Qui se laisse chérir
    fuyant le vent hagard
    De la rue où l'on crie, où l'on râle et maugrée.

    La jeune vénus tient tendrement l'animal
    Comme une mère prend avec douceur son ange
    Pour le faire rêver d'un azur baptismal.

    Ce merveilleux amour, nul bruit ne le dérange,
    Nul être n'en détruit le fil d'or attachant
    Ces deux beautés que fait valser le même chant.


    Mohammed ZEÏD


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  • Alphonse de Lamartine



     Artiste : Henri Decaisne (1799 - 1852)

    Ô chantre de l'amour, ton heureux lévrier
    Du regard te fixant, cherchait-il en ton âme,
    Pour y goûter, le pur, le céleste dictame
    Dont tu daignais remplir ton auguste encrier ?

    Ta plume fit reluire, au fil de ta pensée,
    L'horizon bleu des vers admirés par Victor
    Qui déclama tes mots de sa voix de stentor
    Ravi qu'il fut par leur beauté bien cadencée.

    L'autre limier, flairant dans le vent la senteur
    De l'encens que fleurait ton étoffe royale,
    Espérait, queue en l'air, de ta paume loyale,
    Une longue caresse, une tape en douceur.

    Ton bel accoutrement, digne de ta sveltesse,
    Dut astreindre le peintre à sortir tout son art
    Pour accorder la vie à ce fruste savart
    Qui, du coup, par ta grâce, oublia sa tristesse.

    Le ciel, si gris soit-il, point ne put obscurcir
    Le recueil où "Le lac", en effleurant ses rives,
    Parlait à la forêt, aux jardins et leurs grives,
    Aux monts bravant le temps n'osant les amincir.

    J'applaudis en rythmant : gloire à Henri Decaisne,
    À son pinceau doré qui nous permit de voir
    Le maître de la lyre ayant, son bon savoir,
    Légué, sans rien celer, à toute âme sereine



    Mohammed Zeïd


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  • Les glaneuses



    Jean-François Millet (1814 -1875)



    Les gaillards moissonneurs ont émoussé leurs faux
    Dès que s'était levé le jour pour mettre en bottes
    Les blés qui, déjà mûrs, inclinaient leurs pâlottes
    Tignasses vers le sol sans cailloux ni tuffeaux.

    On transportait cet or en formidables meules,
    À bord de gros fardiers tirés par des rossards
    Vers les aires à battre où d'autres vieux toquards
    Devraient être attelés pour se rendre aux éteules.

    Sous le soleil ardent, des glaneuses allaient,
    À petits pas, les dos courbés, parmi les chaumes,
    Pour un grain, quelque épi...Ces filles des royaumes
    De Misère, cent faims, sans fin, les harcelaient.

    Combien dure est la vie, amères sont les miches
    Pour ces gens à la peau tannée, au souffle court,
    Dont le ciel, toujours gris, semble demeurer sourd
    Aux cris de leurs enfants entassés dans les niches !

    Ô terre, nourris-tu les nantis et les gueux
    Du même sein ? Mille fois non ! pardi! blâmable
    Est ton partage mais, vois-tu, n'est condamnable
    Que le riche à l'aspect horriblement rugueux.




    Mohammed Zeïd


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  • Peinture de Claudie avec son aimable autorisation

    L'enfant à la poupée

    Serrant contre son cœur sa poupée insensible
    À sa douleur, l'enfant aux yeux d'obscurité
    Laisse couler un pleur amer mal abrité
    Sous ses cils flamboyant par un chagrin pénible.

    Il est là, muet, sourd, abattu par un sort
    Que ne peut supporter son âme encor fragile.
    Pour quel mal est puni ce frais bourgeon d'argile ?
    Non!, ! il est pur, si pur qu'il n'a commis de tort.

    N'est point humain qui voit larmoyer un tel ange
    Sans s'affecter ! Ô vie, as-tu plongé ta dent
    De venin dans sa chair, lui qui, sans confident
    Autre que son joujou, paraît d'un air étrange ?

    Pardon, Claudie, un vers, si scrupuleux soit-il,
    Ne peut décrire au mieux ton Art car ta palette
    Dépasse de très loin la boîte du poète ;
    Serait-il possesseur d'un grand talent subtil.




    Mohammed Zeïd


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  • La mariée

    Peinture de Claudie publiée sur Poésis


    Elle voit s'approcher sa nuit, l'âme enflammée.
    Le feu d'Éros la fait penser au bel instant
    Où les yeux ébaudis de son prince exultant
    Verront, de ses appas, la fraîcheur tant aimée.

    La paisible splendeur du toit les abritant
    Lors du soir attendu, sa douce voix pâmée,
    Collée au corps chéri, sa passion calmée,
    La feront s'envoler, le plein bonheur quêtant.

    Robe, écharpe, bijoux ajoutent à sa grâce
    Le reflet d'un soleil vespéral qui l'embrasse
    De ses rais d'or en brillantant son front pensif.

    Leste est la main qui fit jaillir de la palette
    Cette beauté hors pair d'aguichante starlette.
    À croquer, ce doux fruit du bel art expressif !



    Mohammed Zeïd


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