• Monde à deux faces.

    Monde à deux faces

    Quels souvenirs gardera cet enfant
    Mal nourri, mal vêtu, qui voit sa ville
    Se défoncer sous les obus truffant
    De sang ses murs épars? Chef imbécile
    Qui se plait tellement à voir ses chars
    Vomir la mort pendant que, lui, d'achars
    Il s'emplit le bedon, crie et jubile.

    Ailleurs, la joie! on attend le traîneau,
    Sapin brillant près de la cheminée,
    Mets succulents et bon vin en tonneau,
    Puis la bombance est gaîment terminée
    Par un air ambrosien qui fait frémir
    De volupté les yeux prêts à dormir
    Dans un lit rose à lueur satinée.

    Et les menteurs, tassés dans les fauteuils
    Dorés, perlés, fardent leurs verbiages
    De paix, de droits, n'ayant cure des deuils
    Que répandent les tanks dans leurs sillages.
    Existe-t-il un mot pour désigner
    Ces fous pourris que l'on voit se baigner
    Dans les mers d'or, récoltes des pillages.

    Ô pauvre Fahd que l'on fait trépigner
    Dans la gadoue, un jour, leurs attelages
    Maudits, devront, sans nul coin épargner,
    Démolir leurs cités tels mille orages.

     

    Mohammed ZEÏD

    Le sirvente, voir fiche sur POÉSIS

    « Pitié, je crève !En gardant le troupeau. »