• Vieille femme endormie


    Vieille femme endormie



    Nicolas Maes (1632-1693)

    Le poids des ans, guère et point, n'a de prise
    Sur l'esprit qui, des mots, fait son bon vin.
    Contemplez ces cheveux que l'âge grise
    Et ces yeux clos sans relaxant nervin !

    Voyez ces mains que le temps a marbrées
    Et ce front clair ayant gardé son teint
    Brillant dessous les rayures cendrées,
    Œuvre des jours qu'approuve le destin !

    Un bougeoir mort, une cruche, un vieux livre
    Poudreux gisant sur les genoux, des clés,
    Le tout sur fond de nuit... L'âme se livre
    Au rêve si doux, loin des murs bouclés.

    Mais d'où provient cette froide lumière
    Que mal reçoit la Bible aux sombres traits,
    Surplombant le carreau de dentellière
    Dont les fuseaux ont perdu leurs attraits ?

    Dormir ainsi, comme dans une geôle,
    Après avoir connu de beaux printemps,
    Est-ce déjà la fin qui vient, l'épaule,
    Libérer des lourds faix déshydratants ?





    Mohammed Zeïd
    Flormed

    « Fille lisant une lettre à la bougieLe semeur »

  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Février 2015 à 13:01
    stellamaris

    Un poème magnifique, empreint de sénérité, mais sa dernière strophe lui donne une tonalité bien sombre... Avec toute mon amitié.

    2
    Mardi 10 Février 2015 à 17:36

    Bonjour Flormed,

    Un tableau bien symbolique de la vieillesse qui songe entre lumière et obscurité... Que c'est bien dit !

    Mes bravos.

    Je t'embrasse.

    Annie

    3
    Mardi 10 Février 2015 à 18:01

    bonsoir  flormed

     

    merci de ce bel écrit et du tableau accompagné 

    mes amitiés 

    4
    Vendredi 13 Février 2015 à 20:09

    Merci à vous Stellamaris, Annie et Véronique.

    Amitiés poétiques.

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