Village en Kabylie
Waldemar Todé
peintre suédois
(1859- 1900)
Ô Waldemar, la maladie avait conduit
Tes pas et ton pinceau vers la terre kabyle
Et ses affables gens. Là, coloriste habile,
Du panier de ton art, tu sortis ce beau fruit.
Le toit vieux, le sol nu, la verdure timide,
Les poules remuant le sable sec, en vain!
Le silence absolu...Faut-il être devin
Pour déchiffrer l'état de cet endroit aride ?
Et pourtant, en ces lieux, reclus, ont vu le jour
Poètes et sorciers à la voix éternelle.
Le gilbab, le haïk, le burnous, la gonelle,
En ces coins, ont vécu dans le calme et l'amour.
Les monts des environs vous diront sans ambages
Que le trésor n'est pas en cailloux à valeurs
Mais en bonté logée au tréfonds de ces cœurs,
Heureux malgré la rareté des frais ombrages.