Pastourelle

William Bouguereau
peintre français
(1825 - 1905).
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Voyant que l'agnelet ne peut fouler la sente
De ses sabots moelleux, la bergère le prend
Dans ces amènes bras . L'amour est inhérent
À son cœur naturel, à son âme clémente.
La brebis, l'œil ouvert, la suit d'un pas léger.
La fille lui sourit:« Je ne vais l'égorger!
Je le choie et tu vois sa frissonnante laine
Bien collée à son sein et les doigts en fuseau!»
Chemin faisant, la mère allonge le museau
Vers son bébé chétif pour flairer son haleine.
Ce petit bout d'ovin, dans son ventre a mûri.
Il boira de son lait, ce bel agneau chéri.
Câline est la maman, tendre est la pastourelle!
Un tableau bien vivant où le peintre a sorti
Tout son doigté: du cher bijou très bien serti
Émane un rai serein qui reluit sur la belle
Mine de l'angelot se mouvant dans le noir.
On dirait, dans la nuit, un magique miroir.
