Clio la muse
Pierre Mignard
peintre français.
(1612 - 1695)
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Ô Clio, la jolie ! un peintre au pinceau d'or
Dut montrer tes appas telle une libertine.
Es-tu fille de Zeus, âme de Mnémosyne,
Ou n'es-tu que le fruit de l'esprit d'un cador
De l'art minutieux qui jamais ne badine?
On dit que tu chantais, des héros, les exploits
D'où ton seul attribut de muse de l'histoire.
Ce n'est, pour ta beauté, qu'un mot diffamatoire
Car c'est claquemurer ta grâce en des endroits
Où resplendit le fard qui trompe l'auditoire.
Ces livres si massifs content-ils Vérité?
J'en doute! Ils sont farcis d'illusoires louanges
Encensant les payeurs figurés tels des anges
Même s'ils sont démons bourrés de vanité.
J'aurais aimé te voir loin de ces dits étranges.
Mais Homère et ses pairs ont ainsi décidé.
Nous marchons sur leur pas, et leur imaginaire
Demeure florissant dans notre abécédaire
Même si le soupçon, de nos jours, l'a vidé
De ses bas racontars indignes de notre ère.
Vaine est la passion qui n'use du tamis
Pour, le son, enlever. Si j'étais quelqu'un d'autre,
Je vous aurais sommés de préférer l'épeautre
Au blé dur. Votre pain serait bon, les amis!
J'en fais alors le mien, prenez-en pour le vôtre !
