Dis, que t'est-il resté de ta sauvage ardeur ?
Te voilà dos fourbu, jambes en arcs, la canne
Étayant tes os mous ! Maudissant la lourdeur
De tes pas, tu hennis de joie en ris d'insane !
L'horizon fuit ton ombre errant sur les galets
Des sentiers répugnant les clous de tes savates,
Dégoûtés des relents de tes pieds gringalets.
N'as-tu pas ras le bol de ce noir des ovates
Dont tu revêts ta peau craquelée, à l'envi
Et sans répit narguant ton crâne tout havi ?
Ne vois-tu que la mort, faux sur l'épaule, plane
Sur ton chapeau melon qui cherche ravaudeur ?
Écarte-toi, mieux vaut que tu changes de panne !
On ne vit pas mille ans dans la même splendeur.
Mohammed Zeïd
Flormed