L’étudiant assis à la table
Rembrandt Harmenszoon van Rijn
(15 juillet 1602- 4 octobre 1669)
À la blême lueur d'une maigre bougie
Contre la nuit luttant, l'étudiant pensif,
Laisse errer dans le noir son regard évasif
Oubliant et les mots et leur blanche magie
Une main à la tempe et l'autre à l'accotoir
Agrippée, il a l'air, tels ses recueils fossiles,
De vouloir subjuguer les lettres indociles
D'un art dont le chemin finit sur un butoir.
Sieur van Rijn, avait-il vécu cette posture
Qu'il fit consciemment rejaillir d'un passé
Ténébreux où le livre était cadenassé
Sauf au disciple élu, révérant la culture ?
Le clair trop amoindri, le sombre amplifié
Captivent mon regard. Cette toile à l'eau forte,
Dont j'admire les traits, fait poindre une cohorte
De mots en mon esprit, et c'est justifié !
Regardez, dans les yeux, cet être qui médite
Vous saurez sûrement qu'il est tout absorbé
Par son cours doctrinal qui n'est point perturbé.
Hommage t'est rendu, peintre de grand mérite !
Mohammed Zeïd