Il pleut des maux partout ; il neige des malheurs !
Mer, terre et firmament se couvrent d'immondices.
La vie est aux abois, en grand deuil sont les fleurs,
Des vilains renégats, souffrant moult préjudices.
L'humain s'en va, muet, hanté par mille peurs,
Par des chemins boueux, sans clarté, sans indices.
Il pleut des maux partout ; il neige des malheurs !
Mer, terre et firmament se couvrent d'immondices.
Vers où chemine-t-on par ce maudit temps noir
Grondant tel un torrent rageur que rien n'endigue ?
Avant de fuir, le jour battu fond dans le soir
Sur les champs que l'acier, de sang bouillant, irrigue.
La fumée aux relents suffocants d'urinoir
Plane sur la cité transformée en bordigue.
Vers où chemine-t-on par ce maudit temps noir
Grondant tel un torrent rageur que rien n'endigue.
Sommes-nous obligés d'ingurgiter ce fruit
Rebutant dont on a, vilement, planté l'arbre ?
La colombe a perdu ses ailes sous le bruit
Du canon malmené par les âmes de marbre.
Au galop, vers la fin ! Le sou damné détruit
L'élan vital. Le front blêmit, le teint se marbre.
Sommes-nous obligés d'ingurgiter ce fruit
Rebutant dont on a, vilement, planté l'arbre ?

Mohammed Zeïd
-Flormed-
Forme nouvelle créée par Zeïd et Vénusia
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