Peinture de J-H. N. Fragonard (1732 -1806 ) reproduite par Claudie
Tout près de la fenêtre instillant la lumière Dans son réduit silencieux d'ombre ouaté, Elle suit du regard les mots ayant flatté Son âme que l'écrit, tel un psaume, sidère.
Le bel éclat du jour que le jaune citron De sa robe reflète en douce nitescence Sur son front innocent confère à sa jouvence Un attrait de sylphide en chemise à plastron.
Les flambantes couleurs et la fine dentelle, Les rubans violets, le mignon chignon haut, Vous diraient, d'une voix de sagace héraut, Que la fille inconnue allait être immortelle.
L'illustre peintre a su, par ses jeux de pinceaux, Conter l'envoûtement qu'exerce la lecture Sur le cœur qui jouit, sur l'esprit qui pâture Dans le pré du recueil déployant ses ruisseaux
Claudie, en imitant Fragonard à la brosse Magique, tu ressors son art très raffiné. Ce portrait que ta main d'esthète a câliné Est rené car, pour toi, peindre est un sacerdoce.
Toi qui prônes le beau, veuille accepter ces vers Qui, je l'avoue, ont une apparence sans grâce. Le verbe et le motif : fantaisie où s'enlace L'envers peu reluisant au lumineux avers.