"Que mon désir, entre tes cils, s'évanouisse !
Si te chérir est un méfait, je suis foutu.
Guillotine ou bûcher, on me mène au supplice.
Je pars lorsque j'aurai, leur canon, abattu !
Le ciel ayant voulu, ce jour-là, que je visse
Déambuler, sur mon chemin, ta vénusté,
J'ai dû clamer, pour toi, devant sa Volonté,
"Que mon désir, entre tes cils, s'évanouisse !"
Mais en notre contrée, il faut être vêtu
Du gilbab d'un imam plus aveugle qu"intègre.
Un amoureux est vu tel un malfrat de pègre.
Si te chérir est un méfait, je suis foutu.
Aux yeux de ces baveurs, tout amour est un vice.
Quand ils pointent du doigt un jeune, si pieux
Soit-il, malheur à lui ! je suis donc odieux ;
Guillotine ou bûcher, on me mène au supplice.
Que souffle leur simoun, je ne suis ni fétu
Ni grain de sable sec ; je leur ferai tous boire
Du jus de ma ciguë ; ils doivent donc me croire.
Je pars lorsque j'aurai, leur canon, abattu !