Cicéron découvrant le Tombeau d'Archimède.
Pierre-Henri de Valenciennes
Artiste peintre français néo-classique
(1750-1819).
Cicéron, l'orateur, fut un homme de lettres,
Un poète romain dont l'Art est à nos jours
La source à l'eau limpide où s'abreuvent les maîtres
Rhétoriqueurs ouvrant les portes et fenêtres
De la langue prisée aux ksour, salons et cours.
Devenu chef d'État, il voulut, d'Archimède,
Découvrir le tombeau. Le savant vertueux
Que Syracuse avait négligé dans la guède
Entre autres épineux à l'apparence laide
Devait revoir le jour en ce lieu somptueux.
Cicéron partit donc, avec trois bons esclaves,
Vers la ville où gisait le père d'Eurêka !
Les serviteurs, suant, se montrèrent si braves
Qu'ils fouillèrent l'endroit, levant haut leurs fronts hâves.
Oh! sous leurs bras noueux tout arbre dur s'arqua.
Les buissons filandreux et les ramures sèches
Furent vite enlevés. Le sentier conduisant
Vers la tombe montra ses contours que des mèches
De verdure bordaient de leurs pénombres fraîches.
La stèle put sourire au soleil l'irisant.
Honorer l'érudit, c'est hisser la science,
C'est brandiller au ciel le drapeau du savoir,
Un génie oublié, honte à la descendance
Qui force son déclin, hâte sa décadence .
Sans sages ni penseurs s'effrite le pouvoir.
L'artiste-peintre a pu produire un paysage
Où le fictif côtoie aisément le réel,
Où le clair et l'obscur font un joli partage
Pour le plaisir des yeux. Un éclatant hommage
Je lui rends par ces vers au rythme naturel.
Mohammed ZEÏD