Artémis
Anonyme de l’École de Fontainebleau
(vers 1550)
L'élégante Artémis, jumelle d'Apollon,
Couve de son regard la nature sauvage :
La forêt, le pâtis, le mont et le vallon,
Présidant à la chasse, elle hait le carnage.
Elle et ses deux consœurs Hécate et Séléné
Ont formé, chez les grecs, la triade Lunaire
Diane des romains que rien n'ose défaire
De son bel agrément qui n'est jamais fané.
Voyez comme l'artiste a mis toute l'adresse
Qu'il faut pour modeler son aspect ravissant
Sur la toile que l'œil, de s'en charmer, ne cesse.
On dirait une fée. Un mage, en s'en rinçant
L'œil, oublierait sa foi.Toute vénus, fut-elle
Enfant de roi, ne peut avoir de tels appas.
Quel fou refuserait d'admirer son compas ?
Regardez sous la main saisissant la bretelle !..
Son sloughi, s'enivrant de son parfum divin
Flaire le vent, ravi d'être le seul complice
De la fille de Zeus. Faut-il être devin
Pour découvrir son jeu ? Frôlant la jambe lisse,
De sa jeune compagne, il semble s'élancer
Mais simple illusion ! Là se trouve sa joie,
Et là doit-il se plaire. Alors, toute autre voie
N'a l'honneur de le voir, sa marche, cadencer.
04-09-2019
bjnb