• puce

    Lyre éternelle


    La poésie, ambre des mots, est immortelle.
    Ses étoiles luiront toujours sur l'univers
    Pour guider les esprits vertueux à travers
    L'immensité du firmament qui s'en constelle.

    Tout un discours prosé se dit en un seul vers.
    On ne verra jamais se dresser une stèle
    Pour l'ombre d'Erato dont guère on ne pastelle
    La statue au profil aussi beau que l'avers.

    La rime en est le vin si doux qui plait à l'âme
    Aimant  tant s'enivrer de ce divin dictame.
    Sans ce nectar, la vie, à la dérive, irait.

    Chers rimeurs, vénérez la lyre souveraine !
    Défiant la poussière altérant son attrait.
    Honorez sans faillir la somptueuse reine !

    Flormed 

    Mohammed Zeid

    - Flormed -

     

     


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    puce


    Je veux garder l'âme que j'ai *
    Point je ne tolère les chaînes.
    Laissez-moi vivre tel un geai
    Berçant les rameaux de ses chênes !

    Mon chant qui fait vibrer les bois
    Se mue en pleurs dans une cage.
    C'est dans un ruisseau que je bois,
    Me baigne, lisse mon plumage.

    Alors, grâce ! Pas de barreaux !
    J'aime survoler les coteaux,
    Les prés, les vergers, les rivières...

    Liberté ne se chante pas
    Dans une geôle sans lumières.
    Mille fois non, c'est le trépas.

    Flormed

    *Le premier vers est de Roger Massé, un ami poète.


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  • La plume a soif, l'encrier est à sec,
    Et la bougie en deuil n'a plus de larmes.
    De loin, s'entend la plainte d'un fennec.
    Déplore-t-il l'éclipse de mes carmes ?

    Errant parmi ses ergs silencieux,
    Le ventre en arc, le museau dans le sable,
    Le poil au vent, ce renard vicieux
    Brise ma paix. On le dirait un diable !*

    Minuit ! L'horloge égrène mollement
    Ses douze coups. Elle attise mon ire.
    Le ciel, tapi dans son noir vêtement,
    Fait crépiter le toit. C'est le délire !

    Un pouilleux qui geint, un coffre aplati
    Qui tonitrue, un nuage qui pisse,
    Un temps cagnard qui trotte au ralenti,
    O nuit, est-il plus révoltant supplice ?

    Pour comble de malaise, un aboyeur
    Clabaude sans répit chez la voisine.
    Ah si terrait sa peau le fossoyeur !
    Osseux, galeux, comme je l'abomine !

    Le vent accourt se mêler au barouf.
    Un volet mal fermé, grince puis claque,
    A crever les tympans, tel un chadouf.
    Je maudis la bourgade où je baraque.

    A l'aube, tout se tait. Je suis fourbu.
    Je réponds à l'appel de ma paillasse
    Tout en pensant au soir, à ma tribu
    De Poésis dont le chant me délasse.

     

    Flormed


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