• Fou d'elle.


    •••••

    Ces humains aveuglés, envieux, me font guerre,
    Dressant contre le ciel l'échelle, ils ont monté,
    Mais de mon paradis je méprise leur terre
    Et le ciel ne m'est rien au prix de ta beauté.

    Th. A. d'Aubigné

    •••••

    Sauf mon cœur, je n'ai rien à t'offrir pour te plaire ;
    Prends-le pour que sa joie éclose dans le tien !
    Fi des gens même si, vu leur esprit vaurien,

    Ces humains aveuglés, envieux, me font guerre.

    L'amour n'est pas un cours de charabia conté
    Par un nain ténébreux ; non, c'est un don céleste
    Encore que certains -le Mal, leur âme, infeste -

    Dressant contre le ciel l'échelle, ils ont monté.

    Rappelle-toi Kaïs ! Ne fut-il pas naguère
    Traité de fou pour un ghazal dit en public ?
    Je peux leur pardonner leur aspect de lombric

    Mais, de mon paradis, je méprise leur terre.

    Je sais que supporter leur sale cruauté
    Requiert des nerfs de fer et plus d'un sacrifice.
    La planète et ses ors sont un ord artifice

    Et le ciel ne m'est rien au prix de ta beauté.



    Mohammed Zeïd
     
    = Flormed =

    Ce poème est une glose

    Vous pouvez consulter la fiche explicative sur

    POESIS


    6 commentaires
  • Peine d'un ascète


    Un vieux rimeur, à bout de mots, sonde, pensif,
    Un horizon fuyard contristé par la brume.
    Son vers boiteux qui gît en croix avec la plume
    A l'air d'un avorton près d'un ruisseau chétif.

    La nuit file à pas mous. L'âtre mourant enfume
    La cabane en ruine où notre ascète oisif
    Compte ses jours tantôt priant tantôt plaintif.
    La mèche agonisante, en larmes, se consume.

    Un rossignol module un instant son chagrin
    Puis il se tait. L'aurore est là de romarin
    Parfumée ; un air frais siffle dans le bocage.

    L'alexandrin bancal doit attendre le soir
    Car l'entrain refroidit quand la rime s'encage.
    Tout s'endort : le kanoun, le fanal, l'encensoir...

     

    Mohammed Zeïd

    = Flormed =


    3 commentaires

  • Que ruisselle l'encre des vers !
    O grandeur de la poésie !
    Un chantre ignore l'aphasie.
    Sa vie étale ses avers.

    Sans point tomber en frénésie,
    Il murmure ses chants divers.
    Ses versets fleurent l'ambroisie.

    Quand le vent berce les bois verts,
    Grâce à sa parfaite gnosie,
    Il en fait, pour ses longs hivers,
    Des flammes semant à travers
    L'âme une lueur cramoisie
    Chauffant sa cape aux doux revers

    Ses versets fleurent l'ambroisie.
    Il murmure ses chants divers
    Sans point tomber en frénésie.

    Sa vie étale ses avers.
    Un chantre ignore l'aphasie.
    O grandeur de la poésie !
    Que ruisselle l'encre des vers !




    Mohammed Zeïd
    = Flormed =


    2 commentaires



  • Les cadavres humains, de quel droit les brûler ?
    Aïeux, parents chéris, voisins, amis et proches
    De la morgue au bucher, tintamarre des cloches
    Puis advient la fumée yeux clos et deuils voiler.

    Une froide oraison et des fleurs aux pétales
    Froissés ! Le four s'éteint. La cendre-souvenir
    S'en va dans un placard aux apparences pâles.

    Jadis, le bois flambant s'employait pour punir
    Des êtres condamnés. O peines capitales !

    Sans nul délit, lors de nos jours, on fait roussir.

    Le fossoyeur, nommé brûleur, entre deux ales
    Jette au four le linceul puis vaque à son loisir.

    Loin est le temps béni des notions sacrales !
    On a tout bafoué. Bon Dieu, faire rôtir
    Les défunts, oh! grillade aux odeurs sépulcrales !

    Partout les gens croyants ont beau se rebeller.
    La bûche et l'allumette ont remplacé les pioches.
    O gros législateurs, cervelles de bamboches,
    Les cadavres humains, de quel droit les brûler ?





    Mohammed Zeid
    = Flormed =


    2 commentaires


  •  

    Rimeur, toi qui chantes les mots
    Oubliant tes maux
    Peux-tu débarrasser les âmes
    De la haine qui les détruit
    Ne vois-tu leur fruit
    Partir en cendre sous ses flammes ?

    Rimeur, toi qui sèmes au vent
    La rime bravant
    Ses détracteurs aux yeux perfides
    Peux-tu brandir haut l'étendard
    Du vénérable art
    Pour abaisser leurs fronts livides ?

    Rimeur, toi que bénit le ciel,
    Point n'est véniel
    Le péché de la gent perverse
    Qui s'enrage afin de griser
    Ta voie et briser
    Ton armure que rien ne perce ?

    Rimeur, toi que sacre Erato,
    Fuis de ce ghetto
    Où sont tassés les modernistes
    Prenant tout minable caillou
    Pour un beau bijou.
    Ils sont pire que les zutistes !

    Rimeur, toi qui sais enfourcher,
    Sans l'effaroucher,
    Sous l''azur pur, le bon Pégase
    Afin d'embellir l'univers
    En l'ornant de vers,
    N'es-tu pas un saint en extase ?

    Rimeur, toi le grand amoureux
    Du beau, vis heureux
    Entre Pléiade et Parnasse.
    Tu peux, l''inculture, bannir
    Afin d' assainir
    L'esprit sinon, frère, il trépasse !.


    Mohammed Zeid
    = Flormed =


     


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique